vendredi 21 septembre 2007

Monde

Plaine montagneuse. Pics acérés. A perte de vue. Enfin presque. Certains disent que ce monde à un bord. Un bord qui laisse place au vide. Un bord infiniment raide et abrupt.
De nombreuses légendes parlent de mystérieuses disparitions dans ces contrées inconnues.
Certains disent même que ce monde est rectangulaire.
L’imagination de ces gens est fertile.
Comment peut on imaginer de telles sottises. Mais tout cela fait vivre ce monde. Tous naissent et meurent pour cette unique cause. C’est bien là son seul intérêt.
Bien des théories ont été échafaudées à ce propos mais tout ceux qui ont eu l’audace de vouloir les vérifier n’en sont jamais revenus.
Le mystère demeure, insondable, impénétrable.
Ce monde, moi qui écrit, je le contemple de haut. Je n’en suis pourtant pas le dieu.
Ce monde, je puis vous l’assurer à un bord.
J’irai jusqu'à dire qu’il est rectangulaire.
Vu de ma place, ce n’est qu’une surface grisâtre et rugueuse.
Ce monde existe vraiment.
Pour tout vous dire, ce monde, je suis assis dessus.
Ce monde n’est qu’un simple banc de pierre.
Au milieu de monuments de pierre.


Paris, 20 septembre.
Cimetière du Père Lachaise.

Fëanor.

mardi 18 septembre 2007

Le serpent

Blanche. Profondément blanche. Avec des rayures. Noires. Alternance, forme indistincte. Un amas de rayures. Indéfinissable. Et pourtant très claire. Une de ces choses que l'on ne nomme pas. Une de ces choses que l'on ne remarque pas. Des choses interdites bien que non défendues. Des choses rares. Comme des serpents tropicaux. Avec une langue fourchue. Rouge. Une vielle paire
de chaussettes.

Fëanor.

Fin

Là-haut, loin dans l'azur, un monde imaginaire. Une volute de fumée. Blanche, pale, lumineuse. Les formes ondulent, longues volutes. Envoûtantes. Terriblement envoûtantes. Volute dans l'esprit. Puis une lumière. Aussi fine que puissante. Douleur lancinante. De plus en plus grande. Eclatante. Un cri horrible. Brisant la pureté de l'espace. Brisée pour la vie. Brisée par la Mort. Brisée par la Mort….


Fëanor.

Jack

Yeux. Regard. Interrogateur. Quelque chose se glisse, insidieuse. Se glisse dans l'ombre. Noir sur noir, sang sur sang. Eclaire rouge. Foudre de sang. Yeux. Regard. Peur. Noir sur noir, sang sur sang. Douleur aiguë. Un cri. Violence. Noir sur noir, sang sur sang. Eventrée sur le pavé….

Fëanor.

La Cachette

Noir. Obscurité. Puis une lumière. Horrible. Pale et lumineuse a la fois. Puis plus rien. Noir. Obscurité. A l’abri de la lumière, un regard se glisse. Qui est derrière ces yeux. Noir. Noir. Noir intense, inpenetrable. Il continu a glisser, sans bruit. Il ne peut pas être vu mais il distingue tout. Aberration immatérielle. Son regard perce, consomme ce qu’il survole. Aberration immatérielle. Aberration de mots. Dans le noir est posée une feuille. Carreaux. Petits carreaux. Percée de trous. Quatre. Une sombre écriture trace ces mots « Noir. Obscurité. Puis… »

Le regard l’a survolée. Les dessins de l’encre, les carreaux, la feuille. Gouffre. Fin. Tout disparaît. Entité de plus en plus matérielle. Un lecteur lisant en cachette.

Fëanor.

Ténebres

Au plus profond du monde. A une profondeur tel que la lumière n’y parvient pas. Une ombre, une ombre intense. Tellement intense qu’on pourrait la toucher. La toucher. Relief. Relief d’ombre. Les mains tâtonnent. Pics acérés. Blessure. Invisible. Douleur. Tout a coup, l’ombre se fend, s’ouvre. Lumière tranchante, aveuglante. Vibration. Bruit. Puis un choc. Un choc violent. Perte de conscience. Longs instants. Eveil immobile. Trop immobile. Paralysé. Paraplégique sur la chaussée.

Fëanor.

Rêve

Cercle de feu. Les longues flammes lèchent la nuit. Au centre, une étrange silhouette. Sans ombre. Noir comme la nuit elle-même. Noir comme le cœur de la Mort. Silhouette filiforme, crochue, nerveuse mais immobile. Puissamment immobile. Autour du cercle, presque contre le feu, des formes tentaculaires s’agitent. Puis un cri. Un cri a fendre l’âme même de la Terre. Un cri horrible. Aussitôt, les flammes montent puis s’incurvent jusqu'à se toucher. Sphère de feu. Les tentacules d’ombre s’étirent, grandissent puis englobent la sphère. Puis plus rien. Nuit impénétrable.
Fin d'un mythe.

Fëanor.

Le Doute

J'ai pris mon carnet pour écrire. Mais je ne sais pas sur quel sujet.
Je pense que la suite nous le dira mais pour l'instant, suspense.
Le doute plane… Mais pourtant, en regardant bien,
il y a déjà trois lignes au-dessus. Je ne suis pas un
écrivain, je ne suis pas libre. J'écris sous la pression des lignes.
Celles ci augmentent leur nombre d
éjà cinq et j'en aurai six quand
....trop tard.

Fëanor.